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Michel Polacco. Disparition de Pierre Chanoine Martiel.

Pierre Chanoine a collationné sa dernière « clairance » avant décollage ce matin du 19 mars 2019. Né le 1er avril 1921, il approchait les 100 ans. Lorsque Louis Schweitzer, l’ancien patron de Renault et membre comme lui de la SEP, (la Société d’Encouragement au Progrès), lui a remis à Paris, le 1er octobre dernier, la Grand Croix de l’Ordre National du Mérite, avec un superbe hommage, Pierre Chanoine nous a fait un brillant discours, fidèle à lui-même, toujours en combat, pour ses passions et ses amitiés. Et il en a cumulé !

On retient évidemment de lui le premier commandant de bord du « Concorde » d’Air France, sur le premier vol commercial Paris-Rio de Janeiro, le 21 janvier 1976. Avec à ses cotés Pierre Dudal et l’OMN André Blanc. Mais Pierre Chanoine s’était largement exercé : Il avait pris les commandes du « bel oiseau » pour la première fois, en double commande, en 1972, lors du 215ème vol du premier prototype, avec à l’issue, une appréciation flatteuse de Jean Franchi, le pilote d’essais, compagnon d’André Turcat et Jean Pinet lors des vols d’essais « Concorde ». Suivant le premier stage d’entraînement, il est ensuite sélectionné pour les vols d’endurance qui anticipent et préparent la mise en service régulier du supersonique franco-britannique.

Patron du secteur Concorde d’Air France, jusqu’à son départ à la retraite en 1981, il affiche deux records célèbres, en leur temps : Il bat avec son équipage le record du Paris-Washington le 18 aout 1978 en 3 heures et 35 minutes, avec Gilbert Rognon en OPL et Serge Vallet en OMN. Washington est plus loin que New-York. Puis le 24 septembre 1979, il est aux commandes du vol direct et sans escale qui emporte le record de vitesse entre Caracas et Paris en 4 heures et 10 minutes de vol (4h30 bloc/bloc) sur le F-BTSC avec Alain CROISE et Gérard CUCCHIARO. Il compte selon « lesvolsdeconcorde.com » 394 départs et 1278 heures sur Concorde. Et au total 26 000 heures de vol.

Mais Pierre Chanoine n’a pas commencé sa vie en supersonique. Il a auparavant une très belle carrière et plus encore un très beau parcours : pilote militaire breveté en 1939, à 18 ans (!),il milite avec « Jeunesse et Montagne », puis réintègre l’Arme de l’Air et est expédié en Afrique du Nord. C’est de là qu’il  parvient à se faire envoyer aux USA, à Norfolk, en Virginie, en 1941, pour être formé sur Republic P 47, le Thunderbolt. Il est ensuite réaffecté en Afrique du Nord et intègre ensuite le groupe de chasse « La Fayette », à la fameuse « tête de Sioux. Et accomplit 185 missions de guerre notamment pendant la « campagne de France ».

Il entre à Air France dès la fin de la guerre et vole sur les plus beaux avions : le DC4, le Lockheed Constellation, le Super Constellation, le B707, le B747 avant l’apothéose sur Concorde.

Il est avec André Gréard, une gloire des FN-FL, un autre grand Monsieur de l’aviation parti l’an passé le 1er mai, et André Gibert, le créateur du SNPL, le Syndicat National des Pilotes de Ligne, dont il sera secrétaire général de 1952 à 1956, puis président de 1956 à 1958. Mais on lui doit surtout la création en 1957 de la plus belle revue aéronautique de toute l’histoire de l’aviation : « Icare », revue du SNPL, qui est le premier et plus grand honneur du SNPL à mon sens !

Pierre Chanoine a présidé notre illustre association, l’Aéro-Club de France et également l’association, disparue aujourd’hui, Promouvoir Concorde, qui a efficacement milité pour la poursuite des vols lorsque les temps étaient difficiles. Grand officier de la Légion d’Honneur, Grand Croix de l’Ordre National du Mérite, Croix de Guerre, Croix de la Valeur Militaire, Croix du Combattant Volontaire, médaille des Evadés d’Espagne, Pierre Chanoine a également beaucoup écrit (trop !), ouvrages, courriers, comme un infatigable et acharné militant pour l’aviation, pour Air France, et pour le Progrès.

Bon vol, Pierre. Et tu peux veiller sur nous. Ton portrait trône en bonne place dans notre lieu le plus illustre : l’Aéro-Club de France, que tu as dirigé de 1992 à 1995, et où notre présidente comptait t’organiser une grande fête le 1er avril 2021…. Ce n’est pas une blague !

Michel Polacco

Le record sur Washington : l’équipage du record du 18 août 1978 avec l’OMN S Vallet, l’OPL G Rognon et Pierre.
Le record sur Washington : l’équipage du record du 18 août 1978 avec l’OMN S Vallet, l’OPL G Rognon et Pierre.
Michel Polacco.
Disparition de Pierre Chanoine Martiel.

Pierre Chanoine a collationné sa dernière « clairance » avant décollage ce matin du 19 mars 2019. Né le 1er avril 1921, il approchait les 100 ans. Lorsque Louis Schweitzer, l’ancien patron de Renault et membre comme lui de la SEP, (la Société d’Encouragement au Progrès), lui a remis à Paris, le 1er octobre dernier, la Grand Croix de l’Ordre National du Mérite, avec un superbe hommage, Pierre Chanoine nous a fait un brillant discours, fidèle à lui-même, toujours en combat, pour ses passions et ses amitiés. Et il en a cumulé !

On retient évidemment de lui le premier commandant de bord du « Concorde » d’Air France, sur le premier vol commercial Paris-Rio de Janeiro, le 21 janvier 1976. Avec à ses cotés Pierre Dudal et l’OMN André Blanc. Mais Pierre Chanoine s’était largement exercé : Il avait pris les commandes du « bel oiseau » pour la première fois, en double commande, en 1972, lors du 215ème vol du premier prototype, avec à l’issue, une appréciation flatteuse de Jean Franchi, le pilote d’essais, compagnon d’André Turcat et Jean Pinet lors des vols d’essais « Concorde ». Suivant le premier stage d’entraînement, il est ensuite sélectionné pour les vols d’endurance qui anticipent et préparent la mise en service régulier du supersonique franco-britannique.

Patron du secteur Concorde d’Air France, jusqu’à son départ à la retraite en 1981, il affiche deux records célèbres, en leur temps : Il bat avec son équipage le record du Paris-Washington le 18 aout 1978 en 3 heures et 35 minutes, avec Gilbert Rognon en OPL et Serge Vallet en OMN. Washington est plus loin que New-York. Puis le 24 septembre 1979, il est aux commandes du vol direct et sans escale qui emporte le record de vitesse entre Caracas et Paris en 4 heures et 10 minutes de vol (4h30 bloc/bloc) sur le F-BTSC avec Alain CROISE et Gérard CUCCHIARO. Il compte selon « lesvolsdeconcorde.com » 394 départs et 1278 heures sur Concorde. Et au total 26 000 heures de vol.

Mais Pierre Chanoine n’a pas commencé sa vie en supersonique. Il a auparavant une très belle carrière et plus encore un très beau parcours : pilote militaire breveté en 1939, à 18 ans (!),il milite avec « Jeunesse et Montagne », puis réintègre l’Arme de l’Air et est expédié en Afrique du Nord. C’est de là qu’il  parvient à se faire envoyer aux USA, à Norfolk, en Virginie, en 1941, pour être formé sur Republic P 47, le Thunderbolt. Il est ensuite réaffecté en Afrique du Nord et intègre ensuite le groupe de chasse « La Fayette », à la fameuse « tête de Sioux. Et accomplit 185 missions de guerre notamment pendant la « campagne de France ».

Il entre à Air France dès la fin de la guerre et vole sur les plus beaux avions : le DC4, le Lockheed Constellation, le Super Constellation, le B707, le B747 avant l’apothéose sur Concorde.

Il est avec André Gréard, une gloire des FN-FL, un autre grand Monsieur de l’aviation parti l’an passé le 1er mai, et André Gibert, le créateur du SNPL, le Syndicat National des Pilotes de Ligne, dont il sera secrétaire général de 1952 à 1956, puis président de 1956 à 1958. Mais on lui doit surtout la création en 1957 de la plus belle revue aéronautique de toute l’histoire de l’aviation : « Icare », revue du SNPL, qui est le premier et plus grand honneur du SNPL à mon sens !

Pierre Chanoine a présidé notre illustre association, l’Aéro-Club de France et également l’association, disparue aujourd’hui, Promouvoir Concorde, qui a efficacement milité pour la poursuite des vols lorsque les temps étaient difficiles. Grand officier de la Légion d’Honneur, Grand Croix de l’Ordre National du Mérite, Croix de Guerre, Croix de la Valeur Militaire, Croix du Combattant Volontaire, médaille des Evadés d’Espagne, Pierre Chanoine a également beaucoup écrit (trop !), ouvrages, courriers, comme un infatigable et acharné militant pour l’aviation, pour Air France, et pour le Progrès.

Bon vol, Pierre. Et tu peux veiller sur nous. Ton portrait trône en bonne place dans notre lieu le plus illustre : l’Aéro-Club de France, que tu as dirigé de 1992 à 1995, et où notre présidente comptait t’organiser une grande fête le 1er avril 2021…. Ce n’est pas une blague !

Michel Polacco

Le record sur Washington : l’équipage du record du 18 août 1978 avec l’OMN S Vallet, l’OPL G Rognon et Pierre.
Le record sur Washington : l’équipage du record du 18 août 1978 avec l’OMN S Vallet, l’OPL G Rognon et Pierre.